« On s’en fout ? » C’est le nom du nouveau webjournal lancé par les jeunes du PIJ communautaire de Corneilla la Rivière. L’idée : « réveiller leur village » à travers un regard décalé sur l’actualité locale.
Mercredi, 15h, on s’affaire dans les locaux du PIJ. C’est conférence de rédaction à « On s’en fout ? ». Les apprentis-journalistes sont en train de décider des sujets à traiter cette semaine. De la rifle organisée par Oxyjeune, jusqu’aux attentats qui ont touché la rédaction de Charlie Hebdo, l’actualité est balayé, les discussions animées et les rôles bien définis : Caroline et Maeva réaliseront les interviews et rédigeront les articles, Alexandre s’occupera des prises de son tandis que Nicolas et Anthony seront en charge de mettre tout cela en ligne sur leur site : pijcorneilladelariviere.livehost.fr.
« A la base, il s’agissait simplement de mettre en ligne des vidéos et des podcasts » raconte Caroline. Puis, l’idée a fait son chemin. « C’est Mickaël Lavois, le responsable du PIJ de Corneilla la Rivière, qui nous a proposé de créer un web journal. Il a demandé aux garçons s’ils souhaitaient participer à ce projet, notamment sur la partie technique, et c’est comme cela que le journal est né ». Les Assises de la Jeunesse organisées par le Conseil Général seront leurs premiers faits d’armes. « Nous avons eu l’opportunité d’interviewer M. Michel Moly, vice-Président du Conseil Général et de participer à un débat à la radio avec Hermeline Malherbe confie Maeva. Au début, j’étais assez intimidée, puis, au fil des questions, j’ai pris confiance, à tel point que M. Moly a trouvé que je ne lâchais pas facilement le morceau ». La pugnacité, l’une des premières qualités d’un bon journaliste.
Un regard décalé aussi. « Nous ne voulons pas être un simple journal d’informations explique Caroline. Nous voulons aborder l’actualité sous un autre angle avec un ton humoristique, voire satyrique ». Les évènements tragiques qui ont touché Charlie Hebdo n’ont fait que les renforcer dans leurs convictions. « Nous avons pris conscience du rôle que jouent les journalistes dans notre société, des risques qu’ils prennent aussi parfois. C’est pour défendre cette liberté d’expression que j’étais à la marche républicaine de dimanche dernier » ajoute-t-elle. C’est aussi pour réaffirmer leur liberté de ton et leur engagement qu’ils ont renommé leur journal de manière un peu provocatrice…
« Nous voulons réveiller notre village, intéresser les jeunes, leur donner des informations qui leur parlent s’enthousiasme Caroline. Non on ne doit pas s’en foutre mais la question mérite d’être posée… ». Pour leur parler justement, ils ont choisi une version numérique. C’est là que les « garçons » interviennent. Aussi discrets que brillants, Nicolas et Anthony animent et développent le site Internet, choisissent les illustrations et répondent aux demandes de leurs journalistes. Pendant ce temps, Alexandre teste le nouveau matériel pour capter les sons et réaliser les reportages. Un matériel mis à disposition par Roussillon Conflent pour mener à bien ce projet citoyen et original.